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Le blog de Cédric Maisse

Austérité, formations managériales, collèges et démagogie : les premiers débats sur le budget du Conseil départemental de la Somme

12 Janvier 2021 , Rédigé par Cédric Maisse

Tout a commencé par une longue présentation du budget 2021 par le président et les réponses des groupes le lundi 11 janvier. Cela ressemble à du théâtre. Chacun se positionne, chacun veut marquer sa différence d'autant plus que les élections approchent (elles devraient avoir lieu en juin mais ce n'est pas sûr avec le confinement ou pas et la peur de Macron de subir une nouvelle défaite aux élections régionales). Par exemple, le groupe communiste (auquel je n'appartiens pas) fait une critique des exorbitants frais de communication et du sous-investissement chronique décidée par la majorité de droite tout en dénonçant les dépenses électoralistes d'une année à élections. Le PS fait quasiment la même chose... Le problème est que cela n'est pas suivi d'actes. On fait sa petite déclaration et, ensuite, on se tait pour tout laisser passer sans débat. En tout cas, c'est ce qui s'est passé lors de cette deuxième journée. Rappelons que Jean-Claude Renaux, maire de Camon, est vice-président aux mobilités en compagnie de la droite municipale. Il doit assumer une identité de « gauche » au département tout en ne se fâchant pas avec la droite d'Amiens-métropole. A force de contorsions avec la droite et le PS, son seul repère ne doit plus être que sa petite carrière de notable. Voilà, le mot est écrit : notable. L'assemblée départementale est bien une réunion de notables où tout est organisé pour gommer les oppositions. Ainsi, pour les discussions sur les chapitres du budget, on mélange tout de manière à éviter les votes contre. Ainsi, on met sur le même plan la création de deux postes d'assistantes sociales et les formations managériales destinées aux cadres de la fonction publique territoriale.

J'ai donc pris la parole pour dénoncer ces formations où on veut substituer une logique de « méthodologie de projet » à celle du service public. Sans cesse se remettre en cause pour être prétendument plus efficace. La logique du résultat et du rendement u lieu de celle du service dû aux citoyens. La droite m'a répondu qu'il fallait être efficace et moderne. Comme d'habitude, qu'attendre d'autre ? J'ai aussi dénoncé le fait que l'on supprime des postes de titulaires pour les remplacer par des postes précaires. Encore une fois, on voit cela partout malheureusement.

Ensuite, la question s'est portée sur la gestion des bâtiments détenus par le Conseil départemental. Le débat le plus essentiel a porté sur les collèges qui sont, pour beaucoup, en piteux état. La droite a dénoncé, encore une fois, le coût de la reconstruction du collège de Rivery. J'ai répondu autant en professeur de ce collège qu'en élu :

« - Ce nouveau collège a permis de faire des économies sur les ressources en eau. Il faut savoir que l'on avait de fréquentes coupures de canalisations du temps des anciens bâtiments. Et puis, surtout, la nouvelle architecture a permis d'avoir un climat apaisé C'est un véritable investissement et c'est grave de ne pas en tenir compte. »

J'ai développé deux autres points. L'un consacré à la vidéosurveillance. La droite départementale a décidé de dépenser près de 400 000 euros pour équiper les 11 derniers collèges qui n'avaient encore de caméras pour surveiller leurs abords. J'ai rappelé que c'était la présence humaine qui comptait avant tout. C'est une illusion technologique que de croire en l'infaillibilité des caméras. Elles tombent en panne et la criminalité ne recule pas. Le président a répondu en invoquant l'exemple de Samuel Paty et les exigences de l'État ! La mort du professeur d'histoire-géographie n'est pas due à un défaut de surveillance ! Quant à la politique sécuritaire d'Emmanuel Macron, on ne peut que la combattre tant elle est liberticide. Quel gâchis d'argent !

Enfin, j'ai parlé des travaux prévus pour le collège Rosa Parks d'Étouvie dont certains bâtiments datent de 1968 ! En effet, le président du Conseil départemental et Dolorès Esteban ont annoncé des travaux de rénovation dans un but purement électoraliste puisqu'il s'avère que seuls 75000 euros d'études préalables ont été portés au budget ! De plus le financement des travaux est conditionné à la participation de l'Agence nationale pour la rénovation urbaine, ce qui peut prendre des années tant cette agence est lente dans le processus de décision. Le président a dit qu'il avait visité le collège, qu'il avait bien entendu les réclamations des gens... Il parlait des collégiens comme s'il avait fait un voyage en terres inconnues ! Une sorte d'exploration exotique... Et il parle ensuite des collèges comme d'établissements privés en concurrence les uns avec les autres comme pourraient l'être des hôtels ou des établissement thermaux. Il n'a aucune vision des enjeux de l'éducation et, notamment, en zone d'éducation prioritaire. Enfin Dolorès Esteban a pris la parole sur un ton mielleux pour conforter le président, elle lui signifiait la satisfaction des syndicats et des parents d'élèves. Évidemment qu'ils sont contents quand on leur annonce des travaux réclamés depuis des années ! Mais le seraient-ils autant si on leur disait la vérité en leur annonçant juste une étude préalable ? J'en doute. Dolorès Esteban n'a pas respecté le mandat donné par les électeurs du canton 1 d'Amiens. Ce mandat était clairement communiste, sans compromission avec le PS. Et là, que fait-elle ? Elle flatte un pouvoir local qui pratique une politique d'austérité depuis des années. C'est en totale contradiction avec le discours général tenu par Jean-Claude Renaux la veille ! Un budget, si on n'est pas d'accord avec, on ne ne se contente pas de donner le change par un discours général mais on lutte pied à pied, sur chaque point, avec un argumentaire solide sans céder à la démagogie qui reste le plus sûr chemin pour glisser vers la droite.

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