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Le blog de Cédric Maisse

RSA, charity business, vaccination et quelques propositions....

14 Janvier 2021 , Rédigé par Cédric Maisse

Ce matin débat sur l’insertion… Je suis intervenu sur le Revenu de Solidarité Active (RSA). Il s’agit de poser la question de sa renationalisation. L’État transfert ses compétences mais il ne donne pas les moyens qui vont avec. Mais cela devient une banalité que de le dire tant cela dure depuis des années. Souvent les dotations ne suivent pas surtout que la crise économique, et pas seulement celle qui est due au COVID19, va accroître le nombre de ménages qui va avoir recours au RSA. On va arriver à un taux de 18 % de la population sous le seuil de pauvreté, les demandes vont augmenter de 5 % en 2021. Donc j’en ai appelé à une véritable intervention de l’État car nous sommes un pays riche. C’est l’État qui doit garantir l’aide à chacun.

Ensuite j’ai parlé des deux postes d’agents destinés à contrôler ceux qui seraient tentés par la fraude au RSA. On laisse 100 milliards d’euros s’évader fiscalement chaque année sans broncher et on va employer deux agents à plein temps pour faire la chasse à quelques fraudes hypothétiques. Il ne s’agit évidemment pas de défendre la fraude mais il faut savoir qu’un tiers des gens qui ont droit au RSA ne savent même pas qu’ils peuvent en bénéficier. Donc il serait bien plus raisonnable de faire en sorte que l’on informe les chômeurs plutôt que de jeter la suspicion a priori sur eux !

D’autre part, j’ai demandé à ce que l’on envisage d’étendre l’ouverture des droits au RSA pour les moins de 26 ans. Un dispositif existe déjà mais il faut avoir travaillé 2 ans sur les trois dernières années, autant dire que cela concerne une infime partie des jeunes qui sont souvent en situation de précarité.

Enfin, sur cette question, j’ai dénoncé l’expérimentation qui sera faite avec « breaking poverty » qui va mettre en place, probablement sur le modèle anglo-saxon, un « mécenat social ». Cela se pratique déjà à Romans-sur-Isère, Nantes et Béthune. Dans cette dernière ville, les entreprises vont supprimer 800 emplois. Grâce à « breaking poverty », elles vont pouvoir se donner une belle image en faisant croire qu’elle remédie à un mal dont elles sont en réalité la cause. Et, en plus, leurs dons seront défiscalisés ! Ce n’est pas « breaking poverty », c’est plutôt du « charity business » pour rester dans le même registre de langage.

J’ai donc voté contre ce rapport…

Un vœu déposé par tous les groupes politiques a été rédigé pour mettre les moyens du conseil départemental au service de la vaccination de masse. J’ai émis des doutes sur ce ton :

« j’ai des doutes sur cette vaccination. Il y a d’autres traitements qui existent. Le doute, c’est le début de la sagesse. Pfizer a été condamnée à plus de milliards de dollars en 2009 pour pratiques commerciales frauduleuses. »

Je n’ai pas pu poursuivre face à l’union sacrée de l’assemblée. On m’a tout de suite parlé des morts sur un ton qui laissait entendre que j’en étais responsable avec mon discours. Catherine le Tyrant (PS) m’a lancé que de toute façon, on n’avait pas le choix, Stéphane Decayeux (la droite) m’a carrément dit que l’on m’entendait trop. J’ai pu juste ajouter :

« - Un dollar investi dans la santé en rapporte 46. C’est une question d’argent et de pouvoir... »

je n’ai pas pu finir. J’étais le scandale incarné. Manifestement ils refusent de se poser des questions. Pourquoi un tel comportement ? Sans doute parce qu’ils croient être des bienfaiteurs de l’humanité à l’image des évergètes de l’Antiquité. Ils vont se mettre en scène, se faire piquer en public pour donner l’exemple croyant ainsi gagner une plus-value en popularité. Comme il est commode d’aller dans le sens du courant.

En ce qui concerne certaines décisions importantes, la gauche a dénoncé les manœuvres électoralistes de la majorité de droite. Une enveloppe de 10 000 euros sera confiée à chaque paire d’élus par canton pour financer des associations de leur choix. Une carte créditée de 80 euros sera donnée à chacun des 27000 élèves du département dès la fin avril. Tout cela bien sûr alors que, théoriquement, les élections doivent avoir lieu en juin 2021. La gauche, certes, dénonce le fait qu’on a subi une austérité pendant les cinq années précédentes mais elle ne dédaigne pas non plus de le faire quand elle est aux affaires (sur un mode plus discret et plus crédible). Quand je dis la gauche, précisons tout de même qu’il s’agit des groupes verts-générations et du PS car le groupe communiste ne trouve rien à redire ! Décidément, le groupe communiste a un positionnement plus à droite que celui du PS. Sans doute est-ce dû au fait que Jean-Claude Renaux est vice-président aux côtés d’Alain Gest à Amiens-Métropole. Quand les préoccupations notabiliaires l’emportent, la dérive vers la droite est inéluctable.

J’ai fait deux propositions d’équipement :

- la création d’un centre de mémoire sur la Résistance à la citadelle à Amiens. On m’a répondu qu’il y avait un projet à Abbeville. Certes, mais en quoi cela s’oppose à ma proposition ?

- la remise en route d’un projet de quatrième piscine à l’ouest d’Amiens sachant que le problème de la vétusté de Vallerey était réglée et qu’il manque des places de piscine pour les élèves des écoles et collèges. Le président m’a répondu que le département n’avait pas de maîtrise d’ouvrage et que l’on ne devait pas forcément voir Amiens comme seul site envisageable. Bref il n’a rien répondu.

Cette assemblée semble si décalée par rapport à la réalité. On dirait que le seul souci de la très grande majorité des élus est d’agir pour leur réélection. Le but est d’avoir la plus grosse part du gâteau pour satisfaire les électeurs de SON canton. C’est de la politique à la petite semaine où il est très mal vu de dévoiler l’idéologie qui sous-tend la motivation de ces élus locaux qui agissent comme les petits seigneurs de leur bout de département.

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