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Le blog de Cédric Maisse

Vidéosurveillance, vote final sur le budget 2021 et leçon de mépris par la préfète de la Somme

15 Janvier 2021 , Rédigé par Cédric Maisse

Déjà le débat a porté sur le vocabulaire lui-même, l’idée des forces de droite est d’utiliser le terme de vidéoprotection pour le substituer à celui de vidéosurveillance. La droite pense qu’elle va renforcer la protection de la population en aidant les villages de la Somme à s’équiper de caméras de surveillance. Le président du Conseil départemental trouve normal qu’on lui filme sa plaque d’immatriculation à chaque fois qu’il passera quelque part. Hubert de Jenlis (la droite) va même jusqu’à affirmer que ceux qui sont contre la vidéosurveillance sont ceux qui ont des choses à se reprocher… Comme toujours la droite est tournée vers le passé. Elle ne peut pas voir qu’elle banalise la vidéosurveillance. Pour arrêter les délinquants ou pour lutter contre les violences aux personnes, on veut mettre sous constante surveillance toute le population.

J’ai dénoncé le fait que l’on croise de plus en plus les sources d’informations : les caméras, les drones, l’ADN… Jean-Claude Renaux, président du groupe communiste, a défendu la vidéosurveillance : il a énuméré longuement ses bienfaits jusqu’à prétendre que cela empêche les arnaques sur les personnes âgées. Magie des caméras ! Il faut dire qu’il y croit, il en a truffé Camon, la ville dont il est maire.

Le président du Conseil Départemental va intelligemment dire que nos débats sont filmés et qu’on l’accepte. Comme si c’était la même situation !

Le problème est que devant les écrans, il n’y a personne. J’ai vu le centre de surveillance d’Amiens-Métropole : une personne devant un mur d’écrans ! C’est ingérable. C’est pourquoi on met en place la reconnaissance faciale à l’aide de logiciel. C’est la fuite en avant technologique, la déshumanisation.

Et, en effet, dans les petites communes rurales qui auront droit aux caméras départementales, il n’y aura personne devant les écrans, il y aura juste un enregistrement. En fait, on rassure faussement la population. Elle se croit protégée alors que la caméra n’empêche rien. Ce qu’il faut, c’est la prévention et surtout, surtout, réduire les inégalités. La droite veut essentiellement protéger les biens, seule la population privilégiée compte réellement à ses yeux.

Dans l’après-midi, il y a le vote final sur TOUT le budget. Le PS fait une déclaration théâtrale par la voix de Francis Lec qui se vante de pouvoir bientôt fêter ses cinquante ans de vie politique. Justement, ce qu’il faudrait, c’est un renouvellement du personnel politique… Bref. Le groupe générations-EELV fait lui aussi une déclaration. Le groupe communiste : RIEN. Il a fait une déclaration dénonçant le manque d’investissements lundi matin puis il a passé son temps à soutenir la majorité de droite. Et il finit tout de même par voter contre le budget. En fait, c’est juste un positionnement politicien, histoire de figurer encore dans l’opposition. De toute façon, que peut-on espérer de Jean-Claude Renaux qui est vice-président d’Amiens-Métropole en compagnie de la droite ?

De fait cela se termine par :

POUR 26

CONTRE 20

À 16 heures arrive la préfète. Le président la présente en la rassurant : il n’y a pas de piège. Avait-elle peur de venir devant notre assemblée pour qu’il ait besoin de lui dire cela ? Elle nous parle longuement en faisant une pause dramatique et solennelle tous les trois mots !

Elle veut sensibiliser les élus locaux sur le séparatisme et la radicalisation, notions difficiles à définir selon ses propres termes ! Nous devons les détecter. Un appel à la délation ? Et nous avons besoin d’une formation là-dessus, en plus ! Ensuite elle se vante d’avoir fait interpeller mineurs étrangers qu’elle relie à la délinquance qui a touché le centre-ville d’Amiens il y a quelques semaines. Mais y a-t-il un vrai lien entre ces mineurs et ces faits ? Et qu’est-ce que cela vient faire là ? Elle était censée nous parler du plan de vaccination dans la Somme. Pour elle, pas de doute, la crise économique vient du COVID19. Bien sûr, le capitalisme n’était pas au bord du krach fin 2019.

Au chapitre de la vaccination, elle annonce 2300 personnes ayant eu leur piqûre (600 résidents en EHPAD et 1700 professionnels de santé). Elle annonce que 10000 personnes seront vaccinées dans les 15 prochains jours. Un vrai défi qu’elle hésitait à annoncer. Elle termine en osant prétendre qu’elle fait un exercice de transparence et de pédagogie.

Voilà, le mot est lâché : pédagogie. Jamais terme n’aura autant été dénaturé. La pédagogie, c’est l’art de guider les enfants au sens étymologique. C’est un art subtil qui doit se renouveler sans cesse pour rester efficace. Il faut savoir intéresser. C’est loin d’être le cas de la préfète. La pédagogie pour elle, c’est faire entrer dans le crâne des idées que la plupart rejette. De plus, elle s’adresse à des adultes. Nous n’avons pas besoin de son autorité. En outre, elle représente l’État, un État dont la crédibilité est malmenée depuis cinq ans par Emmanuel Macron. Nous, élus locaux, nous représentons le peuple. Nous avons plus de légitimité à parler qu’elle qui n’est tout simplement qu’un fonctionnaire. Hé bien, elle nous a refusé tout débat avec la complicité de la droite. Elle vient nous faire son discours d’autorité et, sous prétexte que son emploi du temps est chargé, elle nous refuse la moindre réplique à ses propos. Encore une fois, une créature de Macron a méprisé la voix du peuple à travers ses représentants (qu’il soient élus ou non à l’échelle locale n’y change rien).

J’aurais ainsi pu lui dire qu’il n’y a pas de preuves scientifiques de l’efficacité du confinement ni du couvre-feu contre le COVID19 et que la politique imprévisible du gouvernement nuit à l’économie et à la démocratie. Quand auront lieu les prochaines élections régionales et départementales ? Elles devaient avoir lieu en mars 2021, puis en juin… Á présent, on ne sait plus. Comment faire une vraie campagne électorale dans ces conditions ? Et les incertitudes perpétuelles empêchent les investissements et la relance de l’économie. Jusqu’à quand cela va-t-il durer ?

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