Sous prétexte de fêtes, la vidéosurveillance collective arrive à Amiens

Sous prétexte de fêtes de fin d'année, la mairie d'Amiens a installé une caméra sur le bâtiment de l'hôtel de ville qui transmet en direct des images de la place et de la patinoire. Chacun peut aller voir les images sur internet. Peut-on encore avoir une vie privée si n'importe qui peut voir ce que l'on fait ? Il n'y a qu'un pas pour parvenir à une surveillance généralisée de tous par tous.
En 1996, le réalisateur Jérôme Scemla avait conçu un faux documentaire pour nous alerter : la police de Reykjavik était censée avoir lancé une chaîne de télévision qui retransmet 24 heures sur 24 les images de deux cents caméras de surveillance. Cette chaîne, baptisée HumaniTV, battait tous les records d'audimat. Elle défiait la morale et la liberté individuelle à chaque instant (http://www.film-documentaire.fr/4DACTION/w_fiche_film/7392_1).
Donc on commence par une caméra et, ensuite, on peut avoir la tentation de mettre à disposition de chacun toutes les caméras de surveillance. N'oublions pas que l'actuel président d'Amiens-Métropole, Alain Gest (LR), était partisan de créer une brigade cynophile pour "assurer"la sécurité dans les rues de notre ville.
Nous demandons, par conséquent, l'arrêt de cette retransmission en direct sur internet ou, tout au moins, savoir si le dispositif est seulement temporaire pour le temps des festivités. Cette question de la liberté individuelle n'est pas un détail et ne peut se résumer à une simple volonté de donner envie à chacun de venir en ville pour participer aux animations de fin d'année. On pourrait plutôt voir cela comme une volonté politique de nous habituer à examiner ce que peuvent bien faire nos concitoyens en ville...