Lettre ouverte à la Maire d'Amiens sur le stationnement résidentiel payant
Le 5 avril dernier, l'équipe de l'Aube nouvelle a organisé une réunion rue Vascosan au sujet de l'extension prévue de l'aire de stationnement résidentiel payant à Amiens. Parmi notre assemblée figurait la présidente du comité de quartier Sainte-Anne.
Nous nous apercevons que, depuis septembre 2017, les comités de quartier ne sont plus écoutés et se sentent mis de côté par la mairie.
Il est donc normal que Monsieur Rifflart manifeste des signes de fatigue (voir http://www.courrier-picard.fr/102985/article/2018-04-11/lelu-amienois-qui-voulait-lacher-le-stationnement). Il doit assumer des décisions autoritaires qui n'apportent aucune solution au problème du stationnement à Amiens.
Madame le Maire,
Nous avons organisé le 5 avril 2018 une réunion avec les habitants du quartier Sainte-Anne sur le projet d’extension du stationnement résidentiel.
Il en ressort le sentiment que le stationnement résidentiel ne résoudra pas les problèmes de stationnement du quartier. En effet, le projet n’amène aucune place de parking supplémentaire. Or, les difficultés pour se garer résultent essentiellement de leur insuffisance après 18H. Et, après cet horaire, la crainte d’une sanction financière n’est plus dissuasive, même si le stationnement résidentiel s’étendait jusque 19H.
En revanche, il pénalisera les familles des habitants et les aidants, notamment pour les personnes âgées du quartier, car ils devront payer lors de leur visite dans la journée.
Parmi les propositions formulées par l’assistance, nous retiendrons les suivantes :
Nécessité de créer un espace de livraison sur la chaussée devant le café-bar « Le Pointin », 56 rue Pointin. L’absence d’espace réservé à cet effet oblige les livreurs à stationner dans des conditions qui provoquent un danger potentiel pour les véhicules et les piétons. Il s’agit d’une demande ancienne et maintes fois réitérée de son gérant, M Rasse, qui n’a toujours pas eu de suites.
Obtenir des bailleurs sociaux le fait de ne pas faire payer les places de stationnement qui sont réservées aux locataires dans l’enceinte de leurs constructions. Cela conduit certains d’entre eux, qui ne veulent pas payer, à stationner sur la chaussée où les places sont déjà rares.
Avoir un meilleur suivi des places handicapées car un certain nombre d’entre elles sont maintenues dans le quartier alors que ceux qui les ont demandées ont déménagé.
Intervenir sur le problème récurrent de division en chambres des maisons amiénoises, comme en offre aujourd’hui la possibilité aux communes la loi ALUR, notamment dans ses articles 1, 91 et 175.
Par ailleurs, comme les participants sont arrivés à la conclusion que le stationnement résidentiel ne résoudrait pas le problème de fond du quartier, à savoir le manque de places pour permettre de stationner prêt de chez soi après 18 H, ils ont souhaité que la commune étudie une solution alternative en créant une zone bleue, sur l’ensemble du périmètre où vous souhaitez étendre le stationnement résidentiel.
Ce choix permet, à la fois, d’éliminer les voitures « ventouse », d’offrir un stationnement temporaire gratuit pour la famille, les aidants et les clients des commerces du quartier pendant la journée.
On obtient donc une fluidité du stationnement, en respectant à la fois les habitants et les personnes de passage. C’est d’ailleurs une solution que viennent de relancer les maires d’Abbeville et de Doullens. C'est celle aussi utilisée pour le bas de la rue Saint-Fuscien et pour le parking à proximité du Coliseum à Amiens
La seule différence, c’est qu’avec cette proposition, l’espace public reste gratuit et ne rapporte rien à la mairie puisque les habitants n’ont plus à payer cette taxe pour stationner. D’ailleurs, il a été évoqué qu’une hausse de ses tarifs au cours du temps n’était pas à exclure, en cette période de réduction des recettes des communes !
Enfin, les participants ont évoqué l’idée de développer des alternatives à la voiture : des parkings relais, une meilleure desserte des bus, dont la gratuité serait un encouragement à l’emprunter, et le retour de petites navettes dans le quartier, créer une station Vélam dans le quartier pour encourager l’utilisation du vélo, ou encore faire des plans de déplacement pour les entreprises installées dans le quartier.
Autre exemple : une des pistes est de permettre le stationnement des salariés de la DRAC dans son enceinte aujourd’hui vide, et de mener la réflexion sur son regroupement ou non avec le futur pôle administratif de la gare.
Nous souhaitons une rencontre pour discuter de ce sujet et de ces propositions.