Comment peut-on vendre le nom de ce qui fait une ville ?
Ça y est, le stade de la Licorne a été « vendu » au Crédit agricole. Rappelons déjà que cet équipement sportif a été financé avec de l'argent public. Il appartient avant tout à l'ensemble des habitants d'Amiens-Métropole. Le Crédit agricole va pouvoir se faire de la publicité et exploiter le stade en profitant de toutes les dépenses passées.
Ensuite, c'est vrai qu'il y a eu un manque d'entretien mais le vrai problème vient de la conception même du bâtiment. Il a été construit sur un terrain marécageux, par conséquent, il a tendance à s'enfoncer et tout cela déforme les structures métalliques supportant la verrière. Nous n'avons pas fini de payer les lubies de Gilles de Robien qui mettaient de l'acier et du verre partout (la piscine du Coliseum, la place de la gare...).
Le président de l’ASC Bernard Joannin prétend que « ce partenariat est avant tout une association de valeurs communes » (Courrier Picard 19 juillet 2018). Qu'entend-il par le mot « valeurs » ? Le sport comme développement personnel ? Le sport comme divertissement ? On peut penser surtout au sport comme moyen d'enrichissement. Monsieur Joannin a déjà affirmé que les joueurs devaient être des « guerriers ». Pourquoi devraient-ils donc se battre ? Pour la victoire ? Oui, mais pas pour la leur, mais pour celle des sponsors qui vont en tirer un bénéfice de notoriété.
Les villes perdent peu à peu leurs âme. À leur entrée, nous sommes tous assaillis par les panneaux publicitaires géants qui prolifèrent et par des zones commerciales affreuses où l'architecture est réduite à suivre scrupuleusement la forme de la boîte à chaussure, la moins coûteuse assurément. Tout finit par se ressembler.
Aujourd'hui, nous devrions donc accepter que les grands équipements, symboliques, deviennent dans leur nom même des supports publicitaires. Et on ne sait même pas pour quelle contrepartie !
Si on va plus loin, on pourra un jour modifier le nom des villes elles-mêmes. On dira à nos visiteurs d'aller à Amiens-Crédit agricole qui a accepté de signer un partenariat avec la ville pour l'entretien de la voirie ou du réseau d'adduction d'eau.
Quand on accepte de changer son nom, on renonce à son identité, on ne sait plus qui on est, plus de passé, plus d'avenir ! On mesure régulièrement ce qui se passe avec la disparition officielle du nom de Picardie, tout part vers Lille !
C'est un affaiblissement de notre Ville qu'Alain Gest a causé par ce « partenariat » car ce n'est plus la collectivité qui a la main sur l'équipement sportif. Il dénature un nom en le vendant au plus offrant. Ce n'est pas de la politique, c'est du maquignonnage.