"Les chiens aboient, la caravane passe"
Au nom de qui Monsieur Beuvain s'exprime-t-il dans le Courrier Picard de ce jour ? C'est Éric Lecossois qui est depuis longtemps le secrétaire de la section PCF d'Amiens. C'est donc lui le porte-parole des communistes amiénois et non Laurent Beuvain. Il faudrait que ce dernier apprenne qu'il n'est pas propriétaire du PCF et encore moins du Front de gauche.
Monsieur Beuvain est surtout attaché du groupe Front de gauche au Conseil général de la Somme. Il travaille, entre autres, pour Claude Chaidron et Gérald Maisse. Il doit donc faire preuve d'une certaine réserve à l'égard de ceux pour qui il travaille. Ces 2 conseillers généraux vont à la rencontre des habitants, tiennent des permanences, font des déclarations publiques... Il est normalement bien placé pour le savoir. Et ces 2 élus ne travailleraient pas pour le PCF qui est membre du Front de gauche ?
Quant à moi, j'en ai assez que l'on mette en doute mon engagement. Sans cesse ce monsieur me demande des comptes alors que le militantisme relève du bénévolat. La politique n'est pas un métier comme il semble l'avoir oublié. Donc il faut sans cesse lui rappeler qu'il est légitime que, à certaines périodes, pour des raisons personnelles ou autres, on ne soit pas sur le terrain.
Il est naturel pour ce genre d'esprits mesquins de chercher à exclure les gens pour de fausses raisons surtout quand ils ont bien conscience qu'ils ont tort au niveau politique. Ils restreignent le débat sur des questions d'appareil et de places sur une liste. Les convictions et la représentativité de chacun sont jetées aux oubliettes. Monsieur Beuvain se prend pour un patron devant lequel chaque communiste doit rendre des comptes de son action. Mais lui que fait-il en dehors de cracher son venin sur ceux qui contrarient sa ligne politique d'alliance systématique avec le PS ?
Dans les faits, c'est monsieur Beuvain qui est opposé à la démarche du Front de gauche. Pour les élections régionales de 2010, il défendait son ami O. Chapuis-Roux qui voulait absolument être réélu, ce qui passait forcément, d'après lui, par une liste commune avec le PS dès le premier tour. À cette occasion, nous avions réussi à mettre monsieur Beuvain en minorité au comité de section PCF d'Amiens ce qui a entraîné sa première démission du poste de premier secrétaire. O. Chapuis-Roux a choisi de se présenter tout de même avec le PS au premier tour sous les couleurs du MUP de Robert Hue malgré l'avis de son parti, le PCF membre du front de gauche. Et il est toujours membre de la section PCF d'Amiens ! Il a oeuvré contre le Front de gauche qui, à cause de cela, n'a pas eu de représentants au Conseil régional, Claude Gewerc ayant dit au moment des négociations qu'il avait déjà des communistes (avec notamment O. Chapuis-Roux) sur sa liste.
Monsieur Beuvain joue la carte de la collaboration avec un PS qui pratique une politique anti-sociale d'austérité. C'est son droit mais nous devons pouvoir défendre un autre avis. Nous sommes membres du PCF, donc du Front de gauche. Nous avons tout autant le droit de parler en son nom que lui.
Enfin, à la fin de la réunion du lundi 23 septembre, un membre de la Gauche Unitaire est venu me voir pour me dire que c'était la première fois que Jacques Lessard était présent à une réunion du front de gauche. Monsieur Beuvain va-t-il avoir l'audace de demander à notre honorable adjoint aux finances de rendre des comptes sur son militantisme ?
Tout cela est bien mesquin par rapport à la démarche d'un Front de gauche qui tente de fédérer les énergies de tous ceux qui veulent lutter efficacement pour le progrès social.
Prenons un dernier exemple. En tant qu'élus et rédacteurs de l'Aube nouvelle, nous défendons l'idée de mettre en place la gratuité dans les transports en commun amiénois. C'est dans le programme du Front de gauche. Que font les élus du groupe « communistes et citoyens » en assemblée quand on évoque la question et que l'on subit le mépris de G. Demailly ? Rien.
Ce sont les faits et les votes qui parlent. Monsieur Beuvain ne s'est jamais opposé, dans les faits, aux décisions anti-sociales de la majorité actuelle.
Nous, nous avançons, nous sommes déjà allés à la rencontre des habitants du quartier Saint Maurice le jeudi 3 octobre. Donc on ne peut que terminer ce mot qu'avec cette citation : « Il est des adversaires politiques qui sont sans cesse à l'affût de ce qu'ils croient de nature à atteindre les hommes qu'ils guettent. Ils furètent, dans tous les coins. Ils ne reculent devant aucune petitesse. « Les chiens aboient. La caravane passe, » dit-on de l'autre côté de la Méditerranée. — (Joseph Caillaux, Mes Mémoires, I, Ma jeunesse orgueilleuse, 1942)